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Alternatives au glyphosate pour la destruction des couverts d'interculture

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Synthèse


Actualité publiée le : 02/05/2019 Culture : Grandes Cultures Source : Arvalis - Terres Inovia - ACTA - APCA et Chambres d'Agriculture IdF & Bretagne / Auteur : Jérôme Labreuche, Ludovic Bonin, Lise Gautellier Vizioz, Fanny Vuillemin Références : Article du Centre de ressources Glyphosate - Janvier 2019 Geco : Implanter des espèces gélives en interculture Geco : - Broyer les couverts végétaux d'interculture Geco : - Rouler les couverts végétaux pendant la période d'interculture Geco : - Répartir les labours dans la rotation Geco :

Le mode de destruction des couverts est à choisir selon la date de destruction, qui est elle-même dépendante de la culture suivante, de l’espèce du couvert et du type de sol. Les alternatives au glyphosate pour la destruction des couverts sont essentiellement mécaniques. Dans cette synthèse, nous distinguerons 5 méthodes différentes pour réaliser ces destructions de couverts.

L’implantation d’un couvert gélif, permettra dans l’idéal la destruction du couvert par le gel sans devoir intervenir. Mais le gel est aléatoire, et dépendant de la situation géographique de l’exploitation. Cette utilisation d’un couvert gélif est décrite techniquement et illustrée dans une fiche technique GECO :
« Implanter des espèces gélives en interculture »

 

Tableau : Sensibilité des différentes espèces aux différents modes de destruction. Elle peut être modulée selon le développement du couvert (couvert développé, variété précoce = plus sensible au gel). Source : Arvalis-Institut du végétal

 

 

 

 

 

    Le broyage est une technique très répandue et facile à mettre en œuvre. Il permet de réduire le volume de la végétation, ce qui facilite ensuite le travail du sol. Puisque le broyeur ne touche pas le sol, seul la portance du sol est à prendre en compte pour éviter la compaction. L’autre particularité de cette technique est de laisser 100 % des résidus en surface pour une bonne protection du sol. Cependant, le broyage est déconseillé sur des couverts de graminées puisque ces dernières sont capables de repousser après une coupe. Certains nouveaux rouleaux « hacheurs » (lourds, pleins, équipés de lames saillantes et passés à grande vitesse) ont un mode d’action proche des broyeurs en hachant les tiges de plantes fragiles (moutarde, phacélie…). Consultez la fiche technique GECO « Broyer les couverts végétaux d'interculture » La référence Coûts des Opérations Culturales 2018 des Matériels Agricoles estime que le coût d'utilisation du broyeur varie entre 22€/ha et 68€/ha, main d'oeuvre (MO) comprise, selon les caractéristiques du broyeur.

    Le roulage des couverts  : On ditingue 2 types de rouleau : les rouleaux qui écrasent la végétation, nécessitant le gel pour être efficace, et les rouleaux hacheurs, qui coupent les plantes et n'ont pas besoin de gel pour être efficace. Le roulage sur gel peut fonctionner en hiver : les blessures provoquées par le rouleau amplifient les effets du gel sur les plantes. Un roulage permet de garder le sol recouvert de résidus. Mais il peut occasionner des tassements du sol sous les roues du tracteur, en particulier si le sol n’est pas gelé sous le couvert. Le roulage effectué sur des petites gelées a une bonne efficacité sur de nombreuses espèces gélives, en particulier si elles sont bien développées. A l’inverse, les couverts peu gélifs (graminées adventices ou repousses de blé) sont peu sensibles au roulage. En l’absence de gel, les résultats d’un roulage sont décevants sur quasiment toutes les espèces, même avec un « rolo faca ». Seules certaines espèces très sensibles comme la phacélie seront détruites. Assez rapide et peu coûteux, le roulage sur gel reste contraignant en termes d’organisation du travail : il faut être disponible les matinées ou les nuits où il va geler. Le gel peut également apparaître un peu tardivement, souvent en janvier ou février. Ce n’est donc pas bien adapté en vue de la mise en place de cultures de printemps précoces. Les rouleaux hacheurs ou destructeurs sont moins larges et ont donc un débit de chantier diminué. La référence Coûts des Opérations Culturales 2018 des Matériels Agricoles estime que le coût d'utilisation des rouleaux varie entre 12€/ha et 23€/ha MO comprise pour les rouleaux de type "cambridge" et entre 18€/ha et 32€/ha MO comprise, pour les rouleaux destructeurs. Consultez la fiche technique GECO « Rouler les couverts végétaux pendant la période d'interculture »

    En cas de labour, il est possible de profiter du retournement du sol pour détruire le couvert sans passage supplémentaire. Dans ce cas, la destruction du couvert ne génère rien de plus en termes de coût que la pratique habituelle sans couvert. En revanche certaines complications peuvent survenir. Après enfouissement, des pieds peuvent repartir via leurs organes de réserve. C’est notamment le cas avec du radis ou de la navette. Des bourrages peuvent également arriver en présence de couverts très hauts comme la moutarde. Pour éviter ce problème, trois pistes peuvent être envisagées : Broyer le couvert avant le labour, opter pour une espèce qui sera moins haute ou coucher le couvert pour faciliter son enfouissement. Pour cette dernière option, diverses techniques existent : rouleaux à l’avant du tracteur, barres ou autres chaînes. Avec ces systèmes, il est préférable de retirer les rasettes pour faciliter l’écoulement de la végétation. Cela donne un labour moins esthétique mais plus pertinent d’un point de vue agronomique. Une partie des résidus est plaqué sur le flanc du labour au lieu que la totalité soit enfouie en fond de raie. Le coût du chantier calculé dans le Coût des Opérations Culturales 2018 des Matériels Agricoles varie entre 62€/ha et 116€/ha pour les charrues simples, MO comprise, et varie entre 44€/ha (charrue 12 corps) et 125€/ha (charrue 2 corps) MO comprise pour les charrues réversibles.
Consultez la fiche technique GECO « Labourer (et répartir les labours dans la rotation) »

     Utiliser un outil de déchaumage peut permettre de détruire un couvert tout en préparant le lit de semences de la culture suivante. Cette stratégie conjugue coût et débit de chantier plutôt favorables. Les outils de ce type sont nombreux : déchaumeurs à disques indépendants, bêches roulantes, cultivateurs à deux ou trois rangées de dents… Même s’il est légèrement grossier, le travail effectué va s’affiner au cours de l’hiver sous l’action du climat. Il va également permettre d’avoir des terres qui ressuient plus rapidement au printemps. Pour éviter toute mauvaise surprise, il faut veiller à travailler en bonnes conditions de ressuyage. On privilégiera donc les interventions d’automne, ou éventuellement en hiver sur sol gelé. Avec des outils à dents, le couvert sera plus ou moins enfoui selon la profondeur de travail. Des phénomènes de bourrage peuvent survenir en cas de couverts très développés. Un broyage préalable peut alors être nécessaire. Les déchaumeurs à disques indépendants permettent de faire un mulchage des couverts. Les outils à grands disques sont bien adaptés, mais l’adaptation d’équipements comme un rouleau couteau améliore l’efficacité des outils à petits disques. Les bêches roulantes sont également très à l’aise dans les couverts, y compris avec de fortes végétations. Retrouvez ces outils au sein de l'article Choisir entre 7 types de déchaumeurs - Réussir machinisme. Le passage de déchaumeurs varie de 33€/ha à 42€/ha pour les combinées bêches roulantes + disques + roulleaux, MO comprise ; de 22€/ha à 34€/ha pour les déchaumeurs avec ou sans disques, MO comprise ; et de 6.5€/ha à 7.5€/ha pour les déchaumeurs à disques et dents souples.

L'article Arvalis-Institut du végétal Le déchaumage : une opération pour gérer l’interculture présente plus exhaustivement cette technique.

En complément, un tableau récapitulatif des différents modes de destructions des couverts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, Arvalis-Institut du végétal a développé un outil d'aide au choix des couverts, intégrant entre autres la technique de destruction de ceux-ci.